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Améliorer ses relations et ses résultats grâce aux « drivers »

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Ils sont aux nombres de 5, ils régissent tous les liens sociaux et l’éducation dans tous les pays.

On les apprend en société, en famille entre ami(e)s… Parfois sous forme d’injonction parfois sous forme de plaisanterie. « Tu veux pas faire des efforts », « Dépêche-toi un peu t’es le dernier », « Un garçon ça ne pleure pas » … Au détour de ces quelques mots, on enregistre des programmes dans le subconscient qui vont diriger nos vies.

Ces croyances gravées nous éloignent du résultat que l’on veut obtenir pour nous laisser centré sur les méthodes et les moyens que l’on utilise. Nous agissons alors pour que nos actes collent à ces critères et même si ce n’est pas le meilleur cap.

 

Les messages contraignants

Hérités de notre éducation, ils sont issus des expressions et injonctions que nous avons entendues fréquemment dans notre enfance, et qui étaient la condition sine qua non de l’obtention de la reconnaissance de nos parents, ou des personnes qui nous ont élevés.

Nous sommes une combinaison unique de ces messages et nous accordons à chacun un degré d’importance et de nécessité très variable.

Dans le même temps, un message contraignant détermine nos attentes vis-à-vis des autres. La contradiction entre les deux peut s’avérer franchement problématique sur le plan relationnel.

Le message contraignant (ce qui se passe à l’intérieur de la personne) est une sorte de slogan interne à une personne qui, comme une directive brutale, la bouscule dans sa façon de se comporter seule ou avec les autres, et face à ses objectifs.
C’est un message qui est donné par les parents à leurs enfants. Leur but est positif.
Ce message devient négatif quand il est pris au pied de la lettre et qu’avec ce slogan ou cette directive est véhiculé, en sous-entendu, un « sinon… ».
Exemple : « Sois Fort, sinon tu te feras marcher dessus ».

Implicitement, avec ce slogan ou cette directive, nos comportements répondent à cette injonction intérieure, alors que celle-ci n’a plus forcément de raison d’être.
Ce message est très actif, lorsque nous sommes sous stress, il oriente alors nos comportements, sans que nous en ayons réellement conscience. En prendre conscience nous aide à en tenir compte et abaisser son effet.

Pourquoi ce terme « driver »

Il vient du terme pilote en anglais et a été développé par un américain, Taibi Kahler, qui s’est basé sur les travaux d’analyse transactionnelle. Il cherchait à répertorier et à classer les signes extérieurs émis par la personne lorsqu’elle se trouve dans une situation qui provoque chez elle un stress.

Les drivers viennent surtout des injonctions que l’on reçoit durant l’enfance, ils influencent l’ensemble de nos actes et nous font répéter les mêmes schémas à l’infini. Ils induisent des comportements, parfois incontrôlés, qui ne vont pas dans le meilleur sens pour nous. Ces messages contraignants deviennent des LIMITES.

 

Qui sont-ils

  • Sois fort(e)

Mythe : ce qui coûte vaut spécialement la peine d’être entrepris

Nous avons enregistré ce driver avec des expressions comme : « Arrête de pleurer », « Fais pas ta fillette », « Ce qui ne tue pas rend plus fort »…

Lors de l’enfance ces messages peuvent rendre plus résistant, mais la vie est-elle un combat à gagner ? Y’a-t-il un concours ? Ne doit-on avoir confiance qu’en soi ?

Difficultés : Parce que dès l’adolescence et plus tard à l’âge adulte cela nous fait adopter un comportement dur envers soi comme avec les autres, aimant dominer pour ne pas montrer ses émotions, car cela serait un aveu de faiblesse. Il devient difficile de demander de l’aide (tendance à se débrouiller seul) et on peut éprouver du mépris pour les personnes que l’on estime « faibles ».

Bénéfices : On développe une grande résistance à la pression quitte à prendre des risques importants à l’occasion. On devient doué pour trouver des solutions ou gérer des situations de crise. Un fort sens du devoir. Capable de prendre des décisions désagréables

Comportement sous stress : Solitude. Froideur, distance. Se montre invulnérable vis-à-vis des autres. Veut tout prendre en charge. Se referme sur lui-même et ne partage pas ce qu’il ressent.

Risque : se suffire à lui-même

 

  • Sois parfait(e)

Mythe : tout peut être évalué sur une échelle bien ou mal.

Nous avons enregistré ce driver avec des expressions comme : « Tu peux faire mieux », « C’est bien mais… », « je te pensais plus… »…

Lors de l’enfance ces messages donnent un niveau haut d’exigence MAIS il est intouchable car non quantifié. Il faut être plus gentil(le), plus attentif, plus plus plus

Difficultés : A l’âge adulte ce driver peut rendre hésitant pour dire non. On a la sensation qu’on peut toujours faire mieux et cela peut nous donner des attitudes contrôlantes. Notre objectif est de contrôler le processus de bout en bout par peur du jugement (surtout interne) et de l’échec. On perd du temps dans les détails pour rendre un travail excellent. On met la barre toujours plus haute et l’opportunité passe inaperçue. L’insatisfaction est régulièrement de la partie, la critique est facile à l’égard des autres, tout en étant peu tolérant à la critique.

Bénéfices : On a un profil travailleur et on est capable de nombreux accomplissements. Le boulot produit est d’excellente qualité. C’est notre leitmotiv.

Comportement sous stress : Peut se noyer dans des détails. Devenir rigide et s’angoisser, ce qui l’incite à imposer ses propres règles. Ne délègue plus.

Risque : Dépression. Devenir envahissant, critique, autocratique. Mettre la barre trop haute.

 

  • Fais vite

Mythe : L’action accomplie en peu de temps possède une vertu supplémentaire.

Hérité du discours de type : « Tu me fais perdre mon temps », « Tout le monde t’attend », « bouge toi »…

Ce message donnera à l’enfant une faculté de se mettre en mouvement rapidement. Dans un monde en perpétuel mouvement, il faut aller vite car prendre son temps c’est le perdre.

Difficultés : La quantité sera primée sur la qualité pour prendre toujours plus de charge. Avec cette conduite, la tendance à l’ennui et à la pression est forte. On a tendance à être agité(e) et impatient(e). Les autres restent souvent derrière car il/elle a besoin de se projeter vite et qu’on le suive ou pas.

Bénéfices : Quand on porte ce masque et que ce driver est actionné, tout devient possible pour honorer les délais, aller droit au but, prendre des décisions rapides. On est réactif et toutes les solutions de simplifications sont bonnes à prendre.

Comportement sous stress : N’a jamais le temps. Peut s’angoisser, devenir hostile. Peut aller jusqu’à l’auto destruction.

 

  • Fais des efforts

Mythe : il ne faut pas seulement agir, mais il est interdit d’arrêter une action, terminer une tâche.

Ce driver vient des phrases du type : « Ne te contente pas du minimum, donne toi un peu de mal », « On n’a rien sans peine », « Tu crois que ça va tomber tout cuit »…

Il y a une envie de faire tout le temps plus avec une grande implication. D’ailleurs ce qui compte ce n’est pas le résultat mais la difficulté à l’obtenir.

Difficultés : On peut développer la croyance que les autres sont paresseux si la tâche n’est pas faite dans la difficulté et la pénibilité. C’est la preuve que c’était possible d’aller plus loin et c’est un signe de paresse. En fait, peu importe l’échec ou la réussite, ce qui compte ce sont les efforts fournis et d’ailleurs s’il y a échec c’est peut-être parce que les autres n’ont pas fait assez d’efforts. On peut dévaloriser son travail et celui des autres. La critique est inacceptable.

Bénéfices : Ce driver nous aide à gagner en patience et en persévérance, grâce à cela on peut donner le meilleur pour soi et pour les autres. On utilise une grande énergie pour les projets. En général, ce driver nous amène sur un tempérament actif avec l’envie de se dépasser en aidant les autres au passage. Si ce n’est pas difficile, il/elle peut mettre un peu de piment.

Comportement sous stress : Peut devenir agressif, arrogant et rejeter la responsabilité de ses échecs sur les circonstances ou sur les autres.

 

  • Fais plaisir

Mythe : toute tâche doit procurer du plaisir à quelqu’un. Je dois les rendre heureux, ne pas éprouver du désagrément (ne pas souffrir).

Celui-ci vient des phrases du type : « Fais plaisir à … », Tu n’es pas gentil(le) », « Il n’y a pas que toi, pense aux autres »…

Dans l’enfance cette personne aura un comportement empathique, altruiste et sera d’une agréable compagnie. Il/elle a bien compris qu’il faut être dévoué(e), attentif(ve)… pour être aimable et peut-être aimé(e).

Difficultés : N’ose pas dire NON au détriment de ses propres envies et besoins quitte à se laisser envahir. Il/elle a peur du reproche et fait tout pour les éviter. Cette personne va également refuser de prendre le lead car décider peut affecter quelqu’un(e). Il y a une vraie crainte de décevoir et de déplaire.

Bénéfices : Avec son empathie et son altruisme ce sera souvent une personne douce et de bonne compagnie avec une grande sensibilité.

Comportement sous stress : Peut devenir agressif. Ne pas prendre en considération l’autre. Sûr de son bon droit. Risque de devenir envahissant

 

 

En résumé quels sont les indices qui permettent d’identifier vos drivers dominants, et ceux des personnes que l’on côtoie ?

          1. La structure des phrases 

Imaginons qu’un groupe rentre dans une pièce. Il y a une table et des chaises autour.

Il manque une chaise.

 

  • Le sois fort : ne va rien dire et s’asseoir en espérant qu’on ne va rien lui demander ;

 

  • Le sois parfait dit : « Comment est-ce possible d’oublier une chaise, » « qui est l’imbécile qui a…» ;

 

  • Le fais vite : « vite, où je peux trouver une chaise ? » et va courir partout pour en trouver une ;

 

  • Le fais des efforts : « grrrr » va râler, critiquer « c’est encore moi qui vais y aller » et il y va ;

 

  • Le fais plaisir dit : « Je cède ma place ».

 

Michaël Reddy, qui a travaillé avec Taïbi Kahler, ajoute que « ce sont des pressions internes que nous exerçons sur nous-mêmes pour nous contraindre à mobiliser une énergie d’un autre ordre que celle que nous utiliserions normalement dans les mêmes circonstances ».

Ces messages, qui proviennent en fait de nos parents ou autres figures parentales, influencent et orientent toutes nos actions au quotidien. Ce sont comme des incantations qui ressurgissent de notre tendre enfance …

C’est comme si tout notre être était “poussé” de l’intérieur pour tout faire pour être à la hauteur de cet ordre reçu.

         

          2.Le comportement extérieur »

Taïbi Kahler nous explique que quand on pose une question au :

  • Sois fort : il/elle reste impassible et froid, de type militaire ;
  • Sois Parfait : il/elle met du temps pour arriver à la fin ;
  • Fais vite : il/elle donne la réponse avant la fin de la question ;
  • Fais des efforts : il/elle entraîne l’autre à faire des efforts
  • Fais Plaisir : il/elle a des rides au front

 

« Les comportements liés aux messages contraignants limitent l’adaptabilité relationnelle ». La personne ne se donne souvent pas le droit d’utiliser d’autres options comportementales et vit dans une sorte de carcan.

Tous les messages contraignants sont donc :

  • Excessifs ;
  • Excitants, car ils haussent le niveau d’excitation physique et diminuent la faculté de penser ;
  • Deviennent une fin en soi

Lorsqu’une personne se trouve dans une situation qu’elle ne maîtrise pas, cela peut générer en elle un stress qui va activer son ou ses messages contraignants dominants. Cela lui coûte énormément d’énergie qu’elle pourrait utiliser autrement.

 

Quelques pistes pour faire évoluer les drivers

Vous allez me dire « ok merci mais j’en fais quoi de ton histoire ? »

Ces profils succincts et simplifiés dans lesquels vous avez pu vous reconnaître peuvent être une première prise de conscience de ce qui vous anime. Mais quoi faire avec ?

Un driver nous apporte une ou plusieurs qualités fondamentales mais l’excès de ces qualités nous amène dans un piège.

Si on prend l’exemple du driver « fais plaisir », la qualité première est l’altruisme car je refuse de penser à moi. Si je pense à moi je serai égoïste. J’en deviens allergique à l’égoïsme. D’un autre côté l’excès d’altruisme me rend au fil du temps inexistant(e).

Vous allez me dire super et après, Je suis altruiste mais anti-égoïste (relations avec certaines personnes douloureuses) et à l’occasion je deviens inexistant(e)… Et bien de ces 3 états vous pouvez en faire un challenge pour retrouver votre puissance.

Dans ce cas précis ça pourrait être devenir plus assertif(ve) et oser m’affirmer sainement à l’occasion. Observer que penser à soi, à l’occasion, ce n’est peut-être pas de l’égoïsme….

Un driver assimilé devient alors une qualité fondamentale.

 

Ce que je vous invite à faire c’est donc de vous poser sur ces 5 questions :

  • Quel est mon point fort, ma qualité essentielle ?
  • L’excès de cette qualité me donne quel travers ?
  • A quoi suis-je allergique ? quel type de comportement, type de personne ?
  • Quel est mon challenge ? Qu’est-ce je voudrais faire et que je perçois comme “insurmontable ?
  • Comment faire pour m’en rapprocher demain ?

 

Quelques antidotes ou permissions de plus…

Les permissions sont des messages positifs donnés de façon implicite et explicite lors de la formation d’un jeune enfant.

Par extension, les permissions sont des messages qui permettront aussi à un adulte d’évoluer, de changer, de devenir plus autonome.

 

Petit à petit, les phrases ” antidotes ” vont permettre à la personne de s’accepter, et encore mieux, d’utiliser toute son énergie pour accomplir tout ce qu’elle entreprendra dans l’authenticité, avec un stress positif et motivant.

 

Un manager attentif aux drivers de ses collaborateurs, peut les aider à sortir de leurs « drivers » peu à peu en leur donnant des messages permissifs et va par exemple :

 

  • Pour le « Sois fort », il lui confier des challenges en lui disant qu’il peut compter sur les autres, qu’il n’est pas obligé de faire les choses seul ;

 

  • Il va lui confier les tâches minutieuses au « Sois parfait », en lui disant : « n’en fais pas de trop, avec toi, je sais que ce sera bien » ou « le mieux est l’ennemi du bien » ;

 

  • Être bref dans sa communication… pour le « Fais vite » en lui disant par ex : « On se fait un point court mais efficace ? » ;

 

  • Inciter le « Fais des efforts » à se ménager : là aussi « On n’est pas obligé de se faire du mal »… « Pourquoi faire tant d’efforts, ce n’est pas forcément utile » « Je préférerais que tu fasses des efforts sur quelque chose de plus utile » ;

 

  • Faire participer le « Fais plaisir » en le remerciant de son aide. Ajouter, « Tu n’étais pas obligé… » .

 

En conclusion

Le driver agit comme un message intrapsychique inhibant la réussite, la volonté d’entreprendre.

L’étude des drivers est riche et structurante. Elle permet de faire le lien entre l’histoire de la personne, son comportement, sa gestion du stress, ses croyances et son vécu professionnel.

C’est une application pratique de l’étude des comportements et de la communication dans les organisations. Cette approche permet d’appréhender le phénomène de stress dans son environnement, avec son groupe de travail ou autre.

Bien entendu, un changement de « programme » nécessite un accompagnement de spécialiste mais chacun peut faire le diagnostic de son/ses drivers dominants pour améliorer sa prise de conscience et faire le choix ensuite d’un autre comportement dans SON scénario de vie.

 

Et vous quels sont vos drivers ?
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3 réflexions au sujet de « Améliorer ses relations et ses résultats grâce aux « drivers » »

  1. Le questionnement proposé pour faire évoluer les drivers me parait une solution “écologique” de faire bouger les choses. Dis autrement sans se faire trop violence et en pouvant tenir dans la durée.
    Est-ce bien ce qui se passe ?

    1. Merci pour ta question Philippe.
      Effectivement, l’objectif est bien de respecter son environnement interne et NE PAS se violenter.
      Plus tu vas te respecter dans tes objectifs, plus il dureront car ils seront en phase avec ton MOI profond, tes valeurs.

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