Développement professionnel

L’entreprise lifestyle

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France 2009, le plus haut de la crise financière des subprimes est derrière, il est temps de penser à l’avenir maintenant, la reconstruction. C’est la période que j’ai choisie pour ouvrir ma première entreprise, février 2009 pour être exact. A cette époque, j’ai capitalisé des centaines d’heures sur des sites, à lire des livres d’entrepreneuriat et à tenter de chercher une entreprise dans laquelle m’investir contre des parts de société.

Finalement, j’opte pour la création et c’est avec mon dossier sous le bras que je passe par le RSI, puis la chambre des métiers, la CCI et YES je me retrouve auto-entrepreneur 😎

Le kif ! Je me sentais tellement fier tout au long de ce parcours de création car cela faisait des mois que j’étudiais pour ça et là ça y est, j’avais un numéro SIRET, mes cartes de visite étaient commandées, il n’y avait plus qu’à.

Le quotidien

C’est comme ça que j’ai créé mon premier business. J’avais des tas d’idées mais pas de trésorerie ni de ligne de crédit, si ce n’est le crédit de ma maison à payer 😉. Alors, je me suis lancé dans le travail corps et âme, j’exerçais dans le secteur du bâtiment en temps que chargé d’affaires en second œuvre au préalable, et j’ai continué à répondre à des dossiers, tant privés que publics (quand le dossier technique le permettait). J’ai rencontré des maîtres d’œuvre, distribué des cartes de visite, frappé à la porte des constructeurs, surveillé le cadastre, lié quelques partenariats, bref j’ai fait le boulot comme on le dit.

Sachant que je n’avais aucun budget, tout dépendait des allocations du chômage. Tout était organisé pour avoir des coûts minimums, pour tout, tant au niveau personnel que professionnel.

Et je n’ai pas baissé les bras même si la motivation n’était pas toujours au beau fixe, et pourtant ça a duré, duré et encore duré…

Finalement, un jour, en marchant en centre-ville, j’ai croisé un couple qui entamait des démolitions dans un local commercial pour faire une crêperie. De fil en aiguille, je me suis retrouvé avec les plans et un devis à faire pour aménager tout l’intérieur, du sol au plafond. C’était mon premier marché, je m’en souviens encore, c’était un chantier à 25 000€ HT.

L’entreprise industrielle

Avant ce chantier, je pensais que je travaillais fort, mais du jour au lendemain, quand il a été validé, ça a été une folie. Je me suis retrouvé avec un partenaire qui m’a lâché de but en blanc (dépôt de bilan) et il a fallu assumer la charge seul, sachant que j’étais chargé d’affaires à la base et non poseur.

Je me suis retrouvé à travailler avec mon cousin, sept sur sept, de huit heures à deux heures du matin parfois, car on avait 3 semaines pour faire les travaux avant la période estivale et l’interdiction de travaux. Le sommeil polyphasique m’aurait fait du bien à l’époque car il y avait aussi les devis, les déclarations, l’expert-comptable, l’avocat, bref tout ce qui concerne la vie d’une personne morale à assumer… Je suis passé d’auto-entrepreneur touchant le chômage à dirigeant d’une SASU en 2 mois.

Après avoir sollicité la banque, qui m’a demandé mes 3 derniers bilans pour l’achat d’un fourgon à 6 000€, je me suis décidé à utiliser le chèque de la première facture. Je n’avais qu’une voiture pour travailler et pour transporter des plaques de plâtre, le carrelage ou la peinture.

Le seul petit temps que je me réservais était pour faire deux heures de sport tous les deux jours. C’était une nécessité pour tenir ce rythme qui a duré 2-3 ans, par vagues.

Oui, car à la suite de ce premier chantier, j’ai conclu le marché d’une salle de sport (devis négocié 6-8 mois) à plus de 70 000 € HT, puis la réfection d’une partie d’un lycée…l’affaire était partie.

Le point fort de ce travail à l’abattage, de cette période que j’appelle industrielle car proche du fordisme ou d’un travail à la chaine, c’est que j’ai appris sur une courte période tant sur le monde des ouvriers que sur le monde des dirigeants. Cela m’a permis d’éviter certains pièges, mais pas tous.

Le système polyphasique

Le terme « polyphasique » est utilisé souvent dans le cadre du sommeil éponyme. Ce mot est un adjectif qui décrit un système physique formé de plusieurs phases. Il s’agit de diviser une phase en plusieurs sur un cycle précis et calculé. Par exemple dans le cadre du sommeil polyphasique, on s’aperçoit qu’on peut dormir deux heures par jour, à des intervalles bien spécifiques et pour un temps très précis. C’est une science qui permet de ne pas rentrer dans certaines étapes du sommeil qui sont considérées comme non nécessaires.

Vous allez me dire mais qu’est-ce que ça vient faire dans le cadre de l’entreprise ? Comment me servir de cette histoire de polyphasique dans mon entreprise ou dans mon projet ?

L’entreprise polyphasique

Une entreprise pourrait être polyphasique de différentes façons. Ça pourrait être par le biais de son cycle de vente ou par le biais de l’utilisation du télétravail en travaillant en fonction de la tâche et non à l’heure.

Vous avez surement constaté que votre entreprise fonctionne avec des périodes distinctes, des périodes d’estimations, puis des périodes de négociations, des périodes de préparation, des périodes de mise en œuvre… La plupart du temps, les entreprises ne connaissent pas le délai de vente et le principal problème c’est que cela crée des pics et des creux. Dans une version polyphasique, la même entreprise chercherait à adapter toutes les phases pour gérer la surcharge ou la sous-charge de production. Mais c’est certain que ça demande une connaissance précise du cycle de vente et donc un travail en amont.

Dans le cadre de l’entreprise polyphasique par la tâche, on pourrait imaginer avoir des collaborateurs (hors production manuelle) situés partout dans le monde. Le seul impératif étant la date de fin d’une tâche. C’est même possible de créer des groupes de projet avec des tâches tournantes. Avons-nous tous besoin de travailler de 8h à 17h avec une pause le midi ? Est-ce à ce moment là que nous sommes tous le plus productif ? Si vous avez lu l’article sur les biorythmes, vous savez que la réponse est NON.

En fait, l’entreprise polyphasique propose de lever les barrières des horaires, du lieu de travail, du rendement, voire même du poste. Ce que je vous invite à faire, c’est de structurer votre entreprise à l’image de la vie que vous voulez mener, pas demain, pas dans 10 ans mais maintenant. Je vous propose de disséquer l’entreprise pour définir son fonctionnement, car trop souvent, on fait comme les autres, avec les mêmes horaires, les mêmes tâches, les mêmes types de fonctionnement …
Je vous rappelle que polyphaser, c’est le fait de diviser une longue phase en plusieurs petites. Il n’y pas vraiment de limite pour phaser l’entreprise et la rendre résiliente, car n’oublions pas qu’une entreprise n’est qu’un moyen de rassembler des personnes dans un projet commun pour avancer ensemble dans la même direction.

Une entreprise à votre image

Finalement, le plus important c’est de créer une entreprise qui vous ressemble et c’est en cela que l’entreprise polyphasique peut être un réel atout. Les êtres ont différentes phases au cours d’une journée, d’une semaine, d’un mois, d’une vie et plutôt que de s’aliéner dans certaines tâches de façon rébarbative, pourquoi ne pas éclater toutes les tâches et redéfinir les choses pour que l’entreprise devienne un terrain de jeu au service de l’être humain et pas l’inverse.

J’ai compris un jour que si la vie, notre vie est difficile, alors il est probable que nos affaires le soient également, et je mets depuis un point d’honneur à me rendre la vie simple, facile et plaisante.

Les phases de l’entreprise peuvent être prévues sur une année entière en fonction d’un résultat souhaité et c’est d’ailleurs de cette façon que certaines sociétés fonctionnent 6 à 9 mois par an. Vous pouvez imaginer un système où vous prenez 3 mois de « retraite » par an plutôt que d’attendre 65 ans.

Pour ma part, j’ai rapidement opté pour une entreprise polyphasique en mode holacratie (ou libéré).

Je n’ai jamais imaginé diriger seul, et pour cela il y a eu des tests qui m’ont amené à la responsabilisation et la délégation des tâches à valeur ajoutée. C’est à ce moment que j’ai appris à déléguer en donnant du sens. Ce n’est pas un art aisé et il faut user d’une pédagogie, d’une approche totalement différente pour réussir à avoir un échange horizontal et non plus vertical.

J’ai découvert que les collaborateurs ne voulaient pas toujours s’impliquer dans la prise de décision d’une structure et ça m’a surpris. Je pensais vraiment que le sociocentrisme était bénéfique pour chaque acteur/trice, mais ce n’était pas l’avis de tout le monde. Les responsabilités font parfois peur et comme je ne souhaitais pas intervenir sur le phasage ou le rythme du travail. J’ai créé un système où l’une des priorités, c’est que les objectifs qui sont validés et sur lesquels on s’engage soient respectés.

Pour conclure, je dirais que l’entreprise est le lieu social où l’on passe le plus de temps dans une journée, il est donc essentiel de créer un terrain de jeu fertile.

J’espère que cet article vous aura plu et surtout qu’il va vous permettre de passer à l’action. N’hésitez pas à partager cet article et pour le commentaire c’est juste dessous 😊
Prenez soin de vous, prenez soin de vos rêves.

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6 réflexions au sujet de « L’entreprise lifestyle »

  1. Merci pour cet article très intéressant. Je ne connaissais pas le terme d’entreprise “polyphasique”… Personnellement je ne sais pas si cela me conviendrait (ayant besoin de cadres qui me rassurent) mais je pense qu’étant donné ton parcours il te convient parfaitement !

    1. Merci pour ton commentaire. Finalement le plus important, c’est de se sentir bien dans son qu’on fait, tout garder conscience de notre impact 😉

  2. Super intéressant, je prends note.C’est vrai qu’en tant qu’employé, il m’arrive de me dire que je serai plus utile à certains moments, quitte à avoir des jours sans travail plus tard….les lois, les règles…. ça bloqué la productivité dans certains cas.
    merci

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